En avril 2021, les rues de Lagos se sont brièvement vidées de leurs chauffeurs Uber et Bolt. Sous la bannière de la Professional E‑Hailing Drivers and Private Owners Association (PEDPA), les chauffeurs ont lancé une grève d’une semaine pour exiger des taux de commission plus équitables et des politiques de protection. Comme l’a dit Idris Shonuga, président de la PEDPA : « Nous supportons les coûts de fonctionnement pour le carburant de la voiture… pourtant nous vendons en dessous du prix de revient.
Si les applications de covoiturage sont l’interface technologique qui connecte les chauffeurs aux passagers, ce sont les chauffeurs qui effectuent le travail ardu et difficile – et souvent, ils paient plus qu’ils ne gagnent. Cette expérience mérite d’être comprise par ceux qui sont à l’intérieur de la voiture, et pas seulement à l’extérieur.
Qu’est-ce que l’e-hailing ?
À la base, l’e‑hailing (ou covoiturage) consiste à réserver un trajet qui met en relation un chauffeur et un passager en quelques instants. C’est la version moderne d’un service de taxi, alimentée par la connectivité internet et le GPS, avec des tarifs calculés numériquement.
Au Nigeria, cela signifie appuyer sur un bouton et avoir une voix et un véhicule qui se présentent à votre porte – à tout moment, généralement en quelques minutes.
Ce que les chauffeurs au Nigeria souhaiteraient que les passagers comprennent
Voici la dure réalité des chauffeurs qui naviguent dans les embouteillages de Lagos, l’augmentation des coûts de carburant et les commissions des applications.
-
Pressions liées au carburant et aux coûts
Les prix du carburant ont grimpé en flèche – les chauffeurs rapportent que si les coûts du carburant ont bondi de plus de 160 %, les augmentations de tarifs ont été plafonnées à environ 25 % seulement, les laissant effectuer des trajets à perte.
-
Fardeau des commissions
Sur un revenu brut quotidien de ₦15 000, les chauffeurs affirment que 20 à 25 % vont à l’application – pour le carburant, la location et l’entretien. Il ne reste alors que ₦1 200 pour la journée du chauffeur après les dépenses.
-
Risque et fragilité de l’emploi
Au-delà de l’économie, les chauffeurs sont constamment confrontés à l’insécurité. Le surmenage pour gagner quelques centimes peut entraîner la fatigue, augmentant le risque d’accident. Comme l’a averti Shonuga, il s’agit d’un « esclavage systémique de la jeunesse nigériane ».
Malentendus courants et ce que les chauffeurs souhaitent que les passagers arrêtent de faire
(Passagers, voici une liste rapide à lire.)
- S’attendre à une vitesse maximale même dans les embouteillages ou sur les mauvaises routes.
- Annuler tardivement ou mal indiquer les lieux de prise en charge.
- Supposer que les chauffeurs reçoivent le tarif complet – beaucoup ne le font pas.
- Ne pas reconnaître le coût du carburant, de l’entretien et des données.
- S’attendre à un silence poli ou à une conversation sans offrir un peu de courtoisie en retour – traitez les chauffeurs comme des êtres humains, pas comme des robots.
Comment les passagers peuvent contribuer à améliorer l’expérience
Le respect mutuel est essentiel. Les passagers peuvent :
- Être clair et ponctuel : des points de prise en charge précis et une bonne préparation contribuent à réduire le gaspillage de carburant et de temps.
- Donner un pourboire si possible : même un petit supplément peut aider à équilibrer les coûts quotidiens.
- Comprendre l’inflation des tarifs : lorsque les coûts du carburant augmentent, attendez-vous à de légers ajustements tarifaires.
- Respecter l’espace partagé : la politesse de base – ceinture de sécurité, réglages de la climatisation, bruit minimal – facilite les longues journées.
- Fournir des commentaires constructifs : une note aimable dans l’application est plus efficace qu’une note sévère.
La voix des chauffeurs : organisation, protestation et plaidoyer
La grève de la PEDPA en 2021 a été un tournant – pas seulement des protestations, mais un message clair : les chauffeurs ne sont pas invisibles. Leurs revendications comprenaient la réduction des commissions, la révision de la structure tarifaire et le droit à la représentation syndicale.
Depuis lors, les avancées syndicales sont allées plus loin. La formation de l’Amalgamated Union of App‑Based Transport Workers of Nigeria (AUATWN) a offert une reconnaissance légale et un pouvoir de négociation – et a renforcé la voix collective des chauffeurs à travers le pays. Ce n’était pas un cadeau – cela a été gagné par des années de plaidoyer.
Un appel à l’action
L’e-hailing ne se limite plus aux portes et aux destinations – c’est un écosystème partagé, façonné à la fois par le chauffeur et le passager. Nous devons tous nous mettre – ou conduire – un peu à la place de l’autre.
Les chauffeurs alimentent ce modèle de mobilité ; les passagers alimentent leurs moyens de subsistance. Ensemble, œuvrons pour l’équité, le respect mutuel et des systèmes simplifiés qui fonctionnent pour tous.